Réflexions du fauteuil : si GM fait faillite, doit-on sauver les retraités de Boisbriand?
14 04 2009

Il ne reste aucune trace de l'ancienne usine de GM à Boisbriand. En lieu et place, des promoteurs construisent une projet à la 10-30 mariant un immense centre commercial en plein air avec un quartier d'habitation avec des propriétés auxquelles la plupart des travailleurs des boutiques commerciales n'auront les moyens d'accéder.
Les 3,000 anciens employés de l'usine de Boisbriand et les retraités de GM en Ontario sont inquiets. Leur fond de pension n'est pas garanti en cas de faillite. Nos gouvernements doivent-il voler à leur secours si cela se produit?
Personne n'a répondu à cette question délicate jusqu'à maintenant. Ni le gouvernement fédéral, ni celui de l'Ontario et encore moins celui du Québec où Jean Charest n'a pas encore réagi aux craintes des retraités de l'ancienne usine qui a fermé ses portes en 2002. Le président national des Syndicats unis de l'automobile (TCA), Ken Lewenza, a interpelé directement le ministre des Finances de l'Ontario qui estime que cette question devra faire l'objet d'un débat à l'échelle nationale. Il a bien raison, il ne faudrait pas réparer une injustice en en créant une autre.
Au Québec, il y a moins de 20 % des travailleurs qui jouissent d'un fond de pension offert par leur employeur. Ils œuvrent surtout dans le secteur public, les grandes entreprises et les multinationales qui ne sont pas très nombreuses. Le Québec est le paradis de la PME et des services. Les millions d'employés qui y travaillent n'ont souvent ni fond de pension, ni les moyens de mettre assez d'argent dans leur REER pour leur assurer une retraite confortable. En cas de perte d'emploi, ils n'ont droit qu'au minimum prévu par les lois du travail. Après, les prestations d'assurance-emploi qui sont de moins en moins généreuses, ils sont laissés à eux-mêmes. Doit-on leur demander de contribuer à même leurs impôts au sauvetage de travailleurs qui ont joui de conditions de travail et de retraite auxquels ils n'auront jamais accès?
Grâce à leur syndicat et aux interventions du gouvernement du Québec si je me souviens bien, les ex-employés de Boisbriand ont eu des conditions de séparation et d'accès à la retraite qui sont supérieures à celle de l'ensemble des travailleurs. Ils sont encore représentés par leur syndicat. Je suis attristé par ce qui risque de leur arriver. C'est sûr que la perte du fond de pension aura un impact financier important et même dramatique. Certains devront sans doute réduire considérablement leur niveau de vie et vendre leur maison ou leur condo pour s'en tirer. Mais je trouverais ça indécent de demander à ceux qui n'auront jamais les moyens d'accéder à la propriété de payer pour leur permettre de les garder.
Quoi qu'il en soit, je ne vois pas comment les gouvernements pourraient leur venir en aide sans que ça crée une injustice pour l'ensemble des contribuables. Les ex-employés de Boisbriand doivent se réunir cette semaine pour décider de la stratégie à adopter. C'est un dossier à suivre sur lequel je reviendrai sans doute.
Une féministe afghane a été assassinée par les talibans. Elle nous a laissé un message sur Les bulles.
Publié par : jacqueso à 09:38:55
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